Ce billet sera quelque peu particulier. Il ne parle pas de Tamara, ni vraiment de ma vie de papa au quotidien. Cet article est un peu plus philosophique. Contacté par A. Berthoud de SuperPapa.ch, lui-même relayant une demande de la RTS, j’ai été invité à donner mon avis de papa quant à l’avortement.

L’avortement, une question qui concerne principalement les femmes, demandait M. Berthoud. Quel beau ciblage de la question !
Y répondre par l’affirmative, c’est laisser trop souvent la maman résoudre seule la question et en assumer toujours aussi seule les conséquences : éducation en mère célibataire ou choix douloureux de passer outre. Pour l’homme, l’oubli semble plus facile, plus rapide, mais est-il plus innocent, a-t-il moins de poids, de conséquences ? Un homme qui abandonne la maman et le bébé en formation n’a-t-il pas, en réalité, déjà avorté  ?
Y répondre par la négative, c’est, pour nous les hommes, prendre notre responsabilité aux côtés et avec la maman. Autant l’enfant n’est pas arrivé tout seul, autant il ne devrait pas continuer sa formation et sa vie seul. L’enfant, planifié ou non, est là et c’est ensemble que ses parents biologiques devraient réfléchir à son accueil, dans les meilleures conditions possibles, en tenant compte des circonstances particulières qui peuvent entourer sa conception.
Si les pères étaient plus présents aux côtés des mamans, nul doute que le nombre d’avortements liés à la difficulté d’envisager d’élever seule l’enfant serait bien moindre.
Quant à la question de fond, à savoir que pense le père que je suis de l’avortement, elle résonne en moi comme une fin tragique et à éviter à tout prix d’une vie à peine commencée. Bien sûr, élever un enfant aux jours d’aujourd’hui demande de revoir ses priorités en temps, en énergie, en finances, en perspectives, peut-être, mais ouvre autant de portes et d’opportunités de bonheurs quotidiens qu’il en hypothèque, si ce n’est plus. Dans une culture de plus en plus individualiste et coupée des gens pour affectionner de plus en plus les choses, engendrer un enfant, c’est donner la vie, à un petit être mais aussi à soi-même, à nos proches, à notre société.
Depuis la nuit des temps, la naissance d’un enfant est un message d’espoir et sa disparition une tragédie, je ne crois pas qu’il en soit différemment aujourd’hui.

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