Même si la vie en camping-car, c’est la liberté d’aller où on veut quand on veut, nous avions planifié un but, une région-cible… et nous y arrivons.

La nuit a été plutôt bonne, le vent ne nous a pas trop gêné et la journée commence par une bonne… douche ! Il faut dire que si la vie en camping-car a des aspects minimalistes, le fait de pouvoir prendre une douche chaude au milieu de nulle part ou de n’importe où a quelque chose de très « luxueux ». Bien sûr, il faut la prendre à l’économie, ne pas faire couler de l’eau pour rien et ne pas y rester trop longtemps… mais quand même, quel plaisir !

Une fois prêts, nous prenons la route pour Appenzell. Mais la petite route, tout juste autorisée aux véhicules de 3,5T maximum. Je me fais un peu de souci sur ce que l’on va rencontrer… De splendides paysages, des vues comme sur les calendriers, du calme, de la paix, de la quiétude, de la joie de vivre… et une route tout à fait praticable pour notre monture.

En camping-car, il faut toujours allier l’utile à l’agréable. Aujourd’hui, outre les vidanges et remplissages habituels, ce sera également jour de lessive, une petite lessive mais bien nécessaire, surtout pour les filles. Grâce à l’application Park4Night, nous découvrons un camping dans la région qui « offre » ces services, offre entre guillemets parce qu’à 12.- la machine, ça fait un peu cher… mais c’est ça aussi vivre sur la route. L’endroit est splendide, avec une belle vue, et la plaine de jeux est tout simplement extraordinaire. « Vivre en van », c’est aussi pouvoir manger chaud chez soi n’importe où. En attendant le linge, on dîne chez nous.

Bien rassasiés, nous redescendons la colline et trouvons une place XXL pour notre carrosse en ville d’Appenzell, à deux pas du centre. Appenzell, nous y sommes, et la ville ressemble bien à ce que l’on imaginait. Façades peintes, décorées minutieusement. Tiens, ici, c’est la place du conseil du peuple, c’est ici que se tiennent encore les assemblées au cours desquelles les habitants prennent les décisions à main levée, ces fameuses landsgemeinde.





Au fil des rues, nous découvrons le Musée, que nous visitons. Les filles sont enthousiasmées par tout ce qu’elles voient : costumes, outils, et même un vieux théâtre de marionnettes, avec les décors que l’on peut changer. D’étage en étage, d’escalier en escalier, nous arrivons au sommet de cette ancienne bâtisse, véritable maison du souvenir.






Au passage, je suis émerveillé par la précision des peintures de Sybille Neff (1929-2010) et d’Albert Manser (1937-2011). Pour moi qui aime la photographie de paysage, leur « piqué » est vraiment excellent ! Allié à un contraste entre le fond et les petits éléments, leurs oeuvres me plaisent beaucoup.

Ces visites ont bien entamé nos forces et il est temps de faire une petite pause. Esther a découvert un tea-room qu’elle compte bien nous faire découvrir : Laimbacher. C’est cosy, avec une décoration chaude, accueillante, un peu comme si on allait chez grand-maman. Entre biscuits, gâteau et glace, nous y trouvons tous notre compte.

L’heure a bien avancé et la pluie semble prête à nous arroser. Nous terminons notre tour de ville et reprenons la route, non sans faire le premier plein de diesel de notre maison roulante. Malgré toutes les petites routes prises, les côtés gravies et parfois les hurlement du moteur dans les descentes, la consommation est aux environ de 10 l / 100 km, ce qui est plus que convenable pour un véhicule de cette envergure.

Nous prenons la direction du Toggenburg. Maintenant, la pluie tombe, drue, faisant ressembler les paysages à d’autres contrées bien moins bucoliques. C’est gris, boueux, menaçant… Passer le col de Schwägalp dans ces conditions est un tour de force, surtout la descente vers le Toggenburg dans laquelle il faut « retenir » le monstre.

Dans ces conditions, trouver un endroit pour la nuit est un peu compliqué. Pourtant, j’ai la conviction que l’on va trouver quelque chose de sympa, de reposant, un peu comme un vert pâturage (Psaume 23). Le premier arrêt n’est pas très concluant. Cette fois, ce sont les filles qui ont dormi jusque là qui veulent continuer la route. Nous continuons, un peu, beaucoup. Nous arrivons finalement à Alt-Sankt-Johann, un des villages du Toggenburg et découvrons l’endroit où nous passerons la soirée et la nuit… et peut-être même plus. Il y a les pâturages, la rivière… et une splendide plaine de jeux avec une balançoire araignée comme les filles aiment tellement. En plus, tous les services pour le camping-car sont à moins de 100 mètres.

Une belle journée s’achève.

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