Il y eut un soir, de la pluie, une nuit !! et un matin, ensoleillé.

La nuit a quand même été un peu mouvementée, non pas par le vent ou l’environnement mais par les réveils multiples des filles. Finalement, maman terminera dans leur lit et tout le monde s’endormira profondément pour quelques heures.

Réveil aux aurores avec le chant des oiseaux, un rayon de soleil et deux petites filles très expressives dans leur désir de découvrir « la vie en van » !

Une précision s’impose : nous n’avions pas un van, mais un camping-car, faisant partie de la catégorie des intégraux, c’est-à-dire construits d’une pièce sur un châssis simple, sans cabine, ni capucine. Voici donc les catégories principales de camping car européens (parce qu’aux Etats-Unis, par exemple, c’est tout autre chose!). Illustrations : anibis.ch

La précision est donnée pour les puristes ! Alors pourquoi « ma vie en van » ? Tout simplement parce qu’avant de partir – et pendant notre voyage aussi – nous – papa et les filles surtout – avons regardé de nombreuses vidéos sur Youtube d’aventures en camping-car de tout genre, dont la chaîne de Florent « Ma vie en van » et celle de la Famille Coste. Les filles ont donc parlé d’un van, même s’il ne s’agit pas vraiment de cela.

Le cours étant donné – merci M. l’instituteur –  revenons donc à nos moutons, à savoir à notre première journée sur la route ! Tout n’est pas encore rangé, ni organisé et, il faut bien le dire, avec environ 2 mètres carrés d’espace entre les meubles, on se marche un peu dessus. Il nous faudra plusieurs jours pour prendre nos marques, réaliser qu’on peut enlever le 6e siège pour que les filles aient de l’espace à leurs pieds pendant qu’on roule, comprendre qu’il vaut mieux ne pas utiliser les 2 sièges enfants autour de la table… la vie s’organise, un peu comme après un déménagement.

Après le petit-déjeuner et la vaisselle – presqu’à sec – papa et les filles partent se promener pendant que maman s’apprête pour la journée. C’est un peu comme cela que ça se passe la « vie en van » : pour que l’un ait un peu de temps calme, il faut que les autres soient sortis, en promenade ou pour quelques recherches proches. C’est ainsi que Tamara et Alexine sont ravies de découvrir des arbres aux fleurs roses sur le parking des Bains de Lavey.

Les bains de Lavey nous étant refusés – il faut 4 ans révolus pour y accéder – nous entamons l’itinéraire de la journée…

Bex

C’est un village que je connais bien, ma maman y a grandi et nous avons passé les mois d’été pendant des années chez nos grands-parents qui, une fois la retraite très active atteinte, avaient construit une villa sur la colline de Chiètres. C’est donc un peu un parcours historique que nous effectuons, montrant aux filles – et à Madame – les endroits où MamiJo a été à l’école, achetait le lait, sa première maison, la ferme de la Gribannaz, … Après bien du plaisir à la grande plaine de jeux, la visite du village et quelques emplettes au supermarché, nous commençons le remplissage de l’eau, non pas de la citerne – cela ne nous servirait à rien – mais des multiples récipients plus ou moins grands que nous avons trouvés.



Maison où a grandi MamiJo

Direction les Mosses

Nous avons retardé notre montée en altitude mais ne l’avons pas annulée. C’est donc avec quelques heures de retard que nous montons, plutôt bien, en direction des Mosses. Passant par Aigle, nous faisons le petit détour pour dire bonjour à grand-parrain. Malgré l’indication « neige possible », nous n’en rencontrons pas, pour notre plus grand plaisir. Piloter 3,5 tonnes sur la neige, je n’ai pas envie d’essayer, surtout au premier jour de prise en main. Arrivés au col, nous cherchons un endroit calme pour passer la fin de la journée et la nuit. Les routes sont dégagées mais il y a plein de neige tout autour, des murs de neige. Les barrières du petit pont sur la rivière et les panneaux routiers sont presque à nos pieds tellement l’or blanc est présent. Les petites fleurs du matin ne sont plus qu’un lointain souvenir.

L’après-midi passe, entre promenade dans la neige, jeux de neige et glissades.

Et aussi quelques photos pour papa…









Elle se termine par un bon chocolat chaud préparé sur place. C’est pratique de prendre sa maison partout avec soi, on a tout à portée de main et on n’oublie rien !

Coup de froid !

Une journée de découvertes, d’organisation, au grand air et au froid… ça demande de l’énergie, beaucoup d’énergie. Alors que la neige s’est mise à tomber, une lumière orange sur le panneau de contrôle nous inquiète. Elle s’était déjà allumée, avec un clignotement différent. Il faut dire qu’il y a pas moins de 9 manières de transmettre des informations avec cette seule lumière, selon la manière dont elle clignote, ou pas. La première indiquait que l’eau était froide, donc pas encore chauffée. Logique, lorsqu’on enclenche pour la première fois le chauffe-eau. Là, le message semble être différent. Et mon sang n’a fait qu’un tour, comme à chaque fois ! Que se passe-t-il ? Quel est le problème ? Comment faudra-t-il le régler ? C’est peut-être la chose qui m’inquiète le plus dans le style de vie nomade en roulotte sur roues : tous ces éléments inhabituels à gérer en dehors des réseaux habituels. Dans une maison, on change les plombs s’ils sautent, on appelle le plombier, le chauffagiste, l’électricien,… ça fait longtemps qu’on y habite, on a l’habitude. Là, loin de tout et bien entourés par la neige qui tombe, chaque clignotement de signal prend un aspect bien plus inquiétant, touchant de bien plus près le réflexe vital.

Manuel en main, nous découvrons que c’est une alerte du gaz : il n’y a presque plus de gaz dans la bonbonne et il faut inverser le branchement, c’est ce que nous avait dit le propriétaire. Mais en plein milieu de nulle part, avec quelques centimètres de neige au sol, une température proche de zéro et dans l’obscurité absolue, découvrir comment se fait le changement et le faire effectivement prend des allures d’aventure périlleuse. Et avec la fatigue déjà bien présente, c’est presque angoissant. Après quelques coups de clés, de vis, quelques essais, erreurs et réussites, la lumière s’éteint, le gaz est rétabli. Il y aura donc du chauffage pour la nuit, de la fraîcheur dans le frigo et de l’eau chaude dans les canalisations.

Mais une interrogation subsiste quand même : la bonbonne était-elle pleine à notre départ ? Parce que si c’était le cas, on va en utiliser beaucoup, à camper en ce tout début de printemps très frais ! Plus tard, nous nous rendons compte qu’elle n’était pas pleine et que, à moins d’échanger une bonbonne pas encore vide, il est impossible de fournir 2 bonbonnes pleines en début de location. La seconde tiendra bien plus longtemps !

 

Ce fut une journée, bien mouvementée, la première…